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Culture du « Bron » : Un tubercule ancien oublié, puis retrouvé !

Culture du « Bron » : Un tubercule ancien oublié, puis retrouvé !

Bonjour Yann LESEIN, commençons par les présentations si vous le voulez bien : qui êtes-vous et comment travaillez-vous ?

Bonjour à tous !

Avant de devenir agriculteur, j’étais ingénieur agronome à L’INRA et j’ai décidé de me lancer dans l’agriculture en 2016. Malgré un travail intéressant, j’ai éprouvé une envie de me rapprocher de la terre et de quitter les bureaux de la région parisienne.

Je suis originaire de Kergrist Moellou dans le Kreizh Breizh (centre Bretagne), mais étant un fervent amateur de sitting surf (variante norvégienne du surf hawaïen où l’on se met assis face à la vague sur une planche ovale), j’ai décidé de m’installer dans le pays bigouden afin de pouvoir allier mes deux passions, l’agriculture et le surf assis. J’ai donc racheté une ancienne exploitation de chanvre à Tréguennec, au printemps 2015.

Par respect pour le monde végétal j’ai décidé de cultiver uniquement des légumes anciens, en accord avec les cycles lunaires, sans apport chimique, et en respectant leur bien-être. Il est, je pense, utile de préciser que le bien être végétal est tout aussi important que le bien-être animal. J’essaie donc de limiter leur stress au maximum (vaste espace de culture, tracteur insonorisé…).

Ce type de culture me permet vraiment de me différencier des autres maraîchers, et les clients qui viennent à la ferme découvrent à chaque saison des légumes différents, souvent inconnus pour la plupart d’entre eux ! Ici, pas de pommes de terre, pas de choux fleurs !

Pourriez-vous nous présenter un de vos légumes en particulier, dont vous êtes très fier ?

Le légume dont je suis le plus fier est le « bron ». C’est un tubercule très ancien dont la culture dans le centre Bretagne a été délaissée il y a une soixantaine d’années. D’après les recherches effectuées sur le sujet, il s’avère que les consommateurs l’ont mise à l’écart à cause de son aspect vraiment particulier. Il en existe de toutes les formes, de couleur saumon clair avec une ou plusieurs taches brunes un peu bombées sur la partie supérieure.

Lors de la succession, quand mon grand-père est décédé, j’ai retrouvé dans le grenier de son penty une caissette remplie de cet étrange tubercule. Mon grand-père était l’un des derniers cultivateurs de ce légume atypique. Une fois germé, et après avoir obtenu des informations auprès de mes collègues de l’INRA, j’ai récupéré cette semence (en accord avec ma famille) et j’ai effectué des essais de culture.
Le bron, tout comme le blé noir demande une terre très pauvre, sinon il aura tendance à pourrir en terre. Après divers essais il se trouve que le meilleur substrat pour ce légume est… le sable ! En accord avec la mairie de Tréguennec et le conservatoire du littoral j’exploite environ 400m2 de la plage de la commune. Le mode de culture, ainsi que la préservation de ce légume local a tout de suite séduit l’administration. La concession d’une partie de la plage pour cultiver ce tubercule a donc été assez facile à obtenir auprès des autorités.

Avez-vous des infos supplémentaires sur ce légume ?

Le bron a uniquement besoin « d’amour et d’eau fraîche » ! Un arrosage journalier suffit pour voir le plant se développer.

Je les vends avec les autres légumes, à la ferme le jeudi soir ; tout comme les pommes de terre le prix dépend du calibre.
Les plus petits spécimens (calibre A, le moins cher) se cuisinent très bien sautés à la poêle. Il convient de bien les éplucher car la peau est assez amère. Une fois cuit, le goût se trouve à mi-chemin entre le potimarron et le topinambour, pour ceux qui connaissent.
Les plus gros sujets (calibre F & G) se prêtent très bien à l’élaboration de lait végétal. Au même titre que le riz ou le soja, le lait issu du bron est une alternative intéressante au lait de chèvre pour les consommateurs qui suivent un régime vegan. En effet ce lait regorge de vitamines Z et J. Il n’y a encore aucune étude à ce sujet, néanmoins les consommateurs réguliers nous ont confié avoir noté certains changements sensibles de leur vision de loin (besoin de lunettes à la baisse) & une plus grande sensibilité au touché…

Merci Yann LESEIN de nous avoir fait découvrir ce légume !

Je vous remercie pour l’article, je suis en cours d’inscription sur votre annuaire de producteurs locaux, cela devrait être effectif la semaine prochaine. Je suis vraiment heureux d’avoir entamer ma reconversion, voir pousser mes légumes sur la plage lorsque je pratique mon sport favori était juste inimaginable il y a quelques années, mais grâce au bron, voilà que mes deux passions sont maintenant réunies. Je vous remercie pour le coup de projecteur sur mon exploitation atypique, j’en profite si vous l’acceptez pour remercier ici tous mes clients fidèles depuis maintenant deux ans.

Gouach Gouach

A propos de Gouach Gouach

Citoyen-Bénévole de Locavore de Cornouaille.

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